Corridor Dakar–Praia : une nouvelle dynamique pour les échanges économiques entre le Sénégal et le Cap-Vert
Le Conseil Sénégalais des Chargeurs (COSEC) a conduit à Praia une mission de prospection stratégique de trois jours visant à renforcer les échanges économiques entre le Sénégal et le Cap-Vert. Menée aux côtés de l’ARM, du COSAMA et de l’ASEPEX, cette initiative marque une nouvelle étape dans la volonté commune de faire du corridor Dakar–Praia un levier d’intégration économique et commerciale sous-régionale.
S’inscrivant dans la continuité de la visite officielle du Président de la République du Sénégal au Cap-Vert l’année précédente, cette mission visait à accélérer l’opérationnalisation du corridor maritime entre Dakar et Praia, à la suite d’une première phase test jugée concluante dans l’exportation de ciment sénégalais vers l’archipel.
Une ambition commune pour renforcer les échanges
Les rencontres tenues avec les autorités capverdiennes ont confirmé l’intérêt stratégique accordé au développement des échanges commerciaux entre les deux pays. Dans un contexte où une part importante des besoins du Cap-Vert est couverte par les importations, les opportunités de partenariat apparaissent significatives pour les filières sénégalaises, notamment agricoles, halieutiques et industrielles.
La délégation sénégalaise a, à cet effet, échangé avec plusieurs institutions capverdiennes, notamment le premier ministre, les ministères en charge du commerce, de l’agriculture et des finances, ainsi qu’avec les douanes, les autorités portuaires et les structures dédiées à l’investissement.
Des contraintes identifiées pour une meilleure opérationnalisation du corridor
Les discussions techniques ont permis d’identifier plusieurs défis liés au développement des échanges, notamment l’irrégularité des dessertes maritimes, certaines barrières non tarifaires et les exigences phytosanitaires applicables à certains produits.
Les échanges ont toutefois mis en évidence des perspectives encourageantes. Les normes appliquées dans les deux pays apparaissent globalement compatibles, tandis que l’expertise sénégalaise en matière d’exportation constitue un atout reconnu sur les marchés internationaux.
La question logistique demeure une priorité. À ce titre, le COSAMA a réaffirmé sa disponibilité à accompagner la mise en place d’une liaison maritime régulière entre Dakar et Praia afin de fluidifier les échanges commerciaux et d’améliorer la prévisibilité des opérations.
Vers une phase opérationnelle
La mission a également permis d’enregistrer des avancées concrètes en faveur de l’opérationnalisation du corridor. Les autorités capverdiennes ont proposé le lancement d’une phase pilote de liaison maritime afin de tester les mécanismes opérationnels et d’identifier les ajustements nécessaires à la montée en puissance des flux commerciaux.
Dans cette perspective, une équipe technique mixte sera mise en place afin d’assurer le suivi des travaux et d’accompagner les opérateurs économiques des deux pays.
Les autorités douanières capverdiennes ont par ailleurs présenté plusieurs dispositifs destinés à faciliter les procédures d’importation, notamment à travers des mécanismes de dédouanement anticipé et des mesures d’accompagnement spécifiques pour certains produits stratégiques.
Des opportunités de croissance pour les filières sénégalaises
Les échanges avec les acteurs économiques ont confirmé l’intérêt des filières sénégalaises pour le marché capverdien. Les secteurs agricoles et halieutiques, en particulier, disposent de capacités de production susceptibles de répondre à la demande du marché local.
Au terme de la mission, les différentes parties ont réaffirmé leur volonté de traduire les engagements institutionnels en actions concrètes afin de faire du corridor Dakar–Praia un instrument durable de coopération économique, de fluidification des échanges et d’intégration régionale.



